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Algérie : alerte pour les victimes du terrorisme face au nouveau piège islamiste

samedi 21 juin 2014, par MPCT

En Algérie, tout semble fait pour assurer la venue des islamistes aux affaires !

Le pouvoir, qui prépare une révision constitutionnelle érigeant la politique de « réconciliation nationale » en « constante nationale », continue à ignorer les associations de victimes du terrorisme et invite les anciens dirigeants du très terroriste FIS dissout.

L’opposition, quant à elle, rencontre d’autres ex-dirigeants du même FIS !

L’interview de Cherifa Kheddar, Présidente de l’association Djazaïrouna des victimes du terrorisme islamiste, publiée le 15 juin 2014 par le quotidien algérien « Liberté » est importante à plus d’un titre pour apprécier les enjeux. (1)

- C’est d’abord et avant tout le point de vue d’une victime du terrorisme.

Son frère, Mohamed-Rédha et sa sœur, Leïla Kheddar « ont été arrachés à la vie à la fleur de l’âge par la bête immonde qu’on appelle terrorisme islamiste » en 1996.

- C’est aussi le point de vue d’une militante féministe.

Elle combat les violences faites aux femmes et organise chaque 8 mars un hommage aux Algériennes victimes du terrorisme islamiste.

Répondant aux questions de la journaliste Hafida Ameyar, elle déclare à propos du décret promulgué en février dernier, établissant l’indemnisation des femmes violées pendant les années 90 par les terroristes islamistes : « L’aspect financier est important pour aider les victimes de viols terroristes, collectifs et répétitifs, à se reconstruire, mais hélas il est insuffisant. L’idéal serait de consacrer une réparation juste au préjudice subi, qui nécessite une réparation morale reposant sur trois principes fondamentaux : le devoir de justice, le devoir de vérité et le devoir de mémoire. »

En février elle avait réagi au décret en ces termes :

« … cette réparation passe par la condamnation du violeur et l’indemnisation de la victime. On ne peut pas régler des problèmes avec de l’argent seulement. Il faut une volonté politique pour faire clairement la différence entre la victime et son bourreau. »

- C’est enfin le point de vue d’une militante emblématique de la défense des victimes du terrorisme islamiste.

Elle lutte avec pugnacité et rigueur contre l’impunité des terroristes, consacrée dans la loi portant concorde civile en 1999 puis dans la charte de réconciliation nationale en 2006.

Questionnée sur la volonté de constitutionnaliser la « réconciliation » avec les terroristes islamistes, elle répond :

« La politique de compromis et de compromission avec l’islamisme, et son corollaire le terrorisme n’est pas une idée très originale à vrai dire. Elle n’est que la suite logique des égarements de ce système qui, malgré une perte de vitesse et un manque d’idées, se maintient depuis 1962, se régénère et se pérennise envers et contre tous.

C’est un système qui s’appuie sur les mêmes individus, refait les mêmes erreurs et s’offre une opposition de l’intérieur, pour terroriser le peuple au nom de la foi de la majorité de ce peuple, en éliminant par la même occasion l’opposition traditionnelle qui défend et promeut les droits humains dans leur intégralité universelle et leur dimension planétaire.

Quant à la constitutionnalisation de la réconciliation nationale, ce n’est que la consécration de l’impunité à l’échelle de la plus haute loi, pour nous retrouver démunis de l’argument constitutionnel, qui a été notre cheval de bataille depuis 2006.  »

Elle ajooute :

« Ce système est autiste, il ne fait pas appel aux victimes du terrorisme sur la question cruciale qui les concerne directement. Il poursuit leur mise à l’écart, comme il l’a déjà fait lors de la rédaction de la charte portant réconciliation nationale, qui prône l’oubli, légalise l’impunité et cache la vérité. Ladite charte n’a réglé ni le problème juridique ni le problème de mémoire et encore moins le problème de la vérité… »

A propos de la complaisance envers les islamistes, commune au pouvoir et à l’opposition , elle a ce commentaire :

« Cela ne peut être interprété que par le fait que l’impunité est la revendication des seuls commanditaires et exécutants de l’assassinat de 200 000 Algériens pendant les années 90 »

et ce constat lucide :

« Hélas, rien n’est mis en place par l’Etat, pour empêcher aujourd’hui et dans le futur que d’autres subissent le même crime. »

Ce n’est donc que du côté de la société civile, en premier lieu d’associations de victimes comme Djazaïrouna, que la résistance existe, porteuse d’espoir.

Retenons, méditons, cette formule de Cherifa Kheddar, démocrate et humaniste conséquente, qui inscrit la défense des droits des victimes du terrorisme dans le cadre des valeurs universelles :

« Si dans ce pays, nous voulons avancer vers la paix et la stabilité, nous ne pouvons pas faire l’économie de l’instauration d’un État de droit aux principes universels. »

Huguette Chomski Magnis

(1) http://www.liberte-algerie.com/actualite/la-politique-de-ce-systeme-est-la-suite-logique-de-ses-egarements-cherifa-kheddar-presidente-de-l-association-djazairouna-des-victimes-du-terrorisme-islamiste-223243

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