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Exposé de Yolène Dilas Rocherieux à la conférence du 16 juin 2015 organisée par le MPCT

mercredi 17 juin 2015, par MPCT

Liberté d’expression, laïcité, condamnation du terrorisme, l’obstacle du relativisme

Les thèmes qui m’ont été proposés pour cette conférence forment un tout complexe qui exigerait, peut-être, de les traiter un à un. Mais tous se répondent et rendent compte d’un phénomène global qui, selon moi, n’est pas totalement nouveau. Pendant 30 ans, mes travaux, mes cours et mes publications ont porté sur les idéologies extrêmes, la croyance totale, l’engagement révolutionnaire, les totalitarismes, les grandes utopies. C’est pourquoi, il m’était facile de faire le lien entre ces différents points et de constater la proximité entre les extrémismes politiques d’hier et les extrémismes religieux d’aujourd’hui.

Le champ de mes recherches universitaires s’est encore élargi avec une expérience enrichissante pour une sociologue : ma participation, en 2010, au groupe laïcité au sein du HCI.

Pendant deux ans et demi, nous (tous bénévoles) avons auditionné de nombreux acteurs de la société civile (professeurs, patrons, syndicalistes, inspecteurs du travail et scolaires et bien d’autres). Ces témoignages ont été pour certains d’entre nous de vrais révélateurs, alors que pour d’autres, ils venaient corroborer ce que nous savions déjà : l’intrusion, depuis une quinzaine d’années, du religieux dans les espaces collectifs et les institutions sous des formes diverses.

Ces enquêtes ont servi la rédaction de deux avis :

- l’un sur la neutralité religieuse dans l’entreprise, remis en septembre 2011 au Premier ministre François Fillon et publié à la Documentation française en octobre 2012 ;

- l’autre sur la laïcité dans l’enseignement supérieur, dont la parution était prévue en octobre 2013. Mais, et c’est la première fois dans l’histoire du HCI depuis sa création en 1989 par Michel Rocard, qu’un rapport commandé par le premier ministre est censuré. Ce dernier (Mr. Ayrault) nous a même interdit de le publier.

Plus grave encore, notre travail a été totalement enterré par le rapport Tuot du 1er février 2013 dont les 5 volets sur la refondation de la politique d’intégration remettaient en question les grands principes de la laïcité.

Une fois débarqués, une fois le HCI supprimé, nous avons décidé de publier notre Avis sur l’université, doublé d’un manifeste nommé "Pour faire vivre la laïcité" que j’ai accepté de rédiger.

Dans ce Manifeste, je reviens sur la confusion entretenue autour du terme laïcité et sur le déni d’une situation critique, alors que les enquêtes, les auditions, les témoignages montrent que l’entreprise, l’hôpital, l’université (entre autres) sont confrontés à nombre de problèmes liés à la multiplication des revendications religieuses.

Un seul exemple, l’université où le débat sur la laïcité est obligatoirement faussé, puisque contenu, freiné, par deux arguments réitérés : la liberté individuelle et le statut des étudiants et étudiantes jugés majeurs. En fait, il me semble que la laïcité, à elle seule, même strictement appliquée, ne peut suffire pour endiguer ce phénomène. Car, comme l’écrit Jean-François Colosimo : "Dieu est revenu en politique". Je dirais même que les Dieux sont revenus en politique.

A l’université nous avons baissé les bras face à la banalisation du voile et du tchador, aux salles de prières clandestines, aux sorties de cours pour prier et, même, à la lecture du Coran pendant les TD.

Mais que faire quand une partie des enseignants et des chercheurs ne se sent pas concernée (peut-être les moins touchés) ? Quand une autre (certainement la plus importante) est désorientée, muette, de peur d’être taxée de suppôt du Front national, de raciste ou d’islamophobe. Même comportement chez nombre de journalistes et d’écrivains champions du politiquement correct.

Alors que la majorité du monde universitaire reste muette, d’autres - principalement au sein des sciences humaines et sociales — sont entrés dans une critique radicale de la laïcité pour mieux défendre, disent-ils, les minorités jugées discriminées (mais quel est le rapport entre laïcité et discrimination ???).

Ces derniers dénoncent une laïcité jugée punitive, fondamentaliste, néo-colonialiste, voire raciste, et les laïcs ("laïcards") sont désignés comme l’ennemi principal, Emmanuel Todd en tête qui écrit :

"Qu’on en finisse avec cette nouvelle religion démente que j’appelle le "laïcisme radical", et qui est pour moi la vraie menace" (L’Obs, avril 2015).

Comment et pourquoi en est-on arrivé là ?

Il n’est pas facile de répondre à cette question car entrent en ligne de compte des facteurs multiples et complexes — idéologiques, sociétaux, religieux, politiques — ce qui tend à brouiller nos repères et à accentuer nos réticences pour agir globalement. De plus, ces facteurs sont à la fois mondiaux, européens et nationaux. Je vais tenter ici d’éclaircir certains de ces points :

Au niveau mondial, l’entrée du religieux en politique s’opère sous la poussée de groupes divers et concurrents, ceci aux quatre coins de la planète. Mais deux courants semblent avoir plus de poids que les autres du fait de leur prosélytisme, de leur lecture littérale des textes sacrés et de leurs revendications sur le terrain social, culturel et politique.

- D’un côté, nous trouvons les mouvements conservateurs évangéliques américains du Nord et du sud (plus faibles en France, 600 000), dont le but est d’amener les gouvernements à décréter l’égalité entre toutes les revendications, religieuses et politiques (donc à gommer la frontière entre espace profane et espace sacré qui, jusqu’ici, marquait nos sociétés sécularisées).

Les leaders évangéliques se réclament ouvertement d’un prosélytisme dit "inclusiviste" qui est défini, selon le sociologue Joan Stavo-Debauge (Université de Louvain), comme "une proposition généreuse, hospitalière, démocratique, qui prétend supprimer toutes les restrictions empêchant l’ouverture des institutions et de l’espace public à l’expression des convictions religieuses des citoyens ordinaires ou des agents publics".

L’inclusivisme est à rapprocher du terme "inclusion", très à la mode en France et en Europe et qui signifie faire "entrer dans le cercle". Le sociologue allemand Niklas Luhmann l’a théorisé et présenté comme l’envers de l’exclusion sociale. Mais désormais ce terme "inclusion" tend à se substituer au terme intégration, comme c’est le cas dans le rapport Tuot de février 2013. En fait, l’ "inclusion" n’exige rien de celui qui est invité à entrer dans le cercle, alors que l’intégration signifie "faire entrer dans la maison commune" mais avec des exigences, des contraintes, des droits et des devoirs.

Désormais, ce terme "inclusion" est devenu courant même chez nos politiques à l’exemple de Bernard Cazeneuve, Ministre de l’intérieur, qui affirme vouloir créer "une République inclusive" pour répondre aux inquiétudes de certains face à "l’islamophobie rampante".

Ces nouveaux concepts nous font entrevoir un autre monde, en devenir, sans passé, sans valeurs communes, souvent décrit sous la formule du "vivre ensemble". Cette notion vague du "vivre ensemble" rejette l’idée même de société (plus globale) et privilégie la vie "côte à côte", chacun étant jugé libre de s’organiser en fonction de ses seules croyances et cultures. En résumé, ce terme suggère une vie dans un monde éclaté, déculturé, où les individus n’auront bientôt pour seuls repères et refuge que le groupe ou la communauté (ethnique, religieuse, voire délinquante pour certains).

D’un autre côté, toujours au niveau mondial, avec certains traits communs avec les évangéliques (lecture littérale des textes, prosélytisme, secours populaire), les mouvances islamistes qui visent à peser sur les politiques. L’islamisme radical n’est pas né en 1979 avec la révolution iranienne, mais celle-ci a mis en pratique et propagé dans le monde entier un contre-modèle au système démocratique occidental (Je fais ici une parenthèse pour rappeler que le terme islamophobie a été inventé (semble-t-il ???) par l’imam Khomeiny en 1979 pour criminaliser les milliers de femmes qui manifestaient dans les rues pour refuser le port obligatoire du foulard).

Dans cette brèche ouverte en 1979 se sont engouffrés des militants très divers, souvent opposés, ultra-religieux ou orthodoxes, mais aussi des militants issus des luttes pro-palestiniennes et tiers-mondistes, comme le terroriste Carlos, qui est passé du marxisme-léninisme à l’islam radical, qu’il présente dans un livre de 2004 comme la nouvelle dynamique révolutionnaire : citer p.90-91. (1)

Moi qui ai travaillé pendant des années sur les mouvements révolutionnaires d’extrême droite et d’extrême gauche, je sais à quel point les jeunes populations (aux origines sociales et culturelles très diverses) peuvent être fascinés par l’engagement radical (par la violence dite rédemptrice), par la croyance totale, par la conviction de posséder la Vérité, persuadés qu’ils seront les maîtres de la planète, des héros ou des martyrs, donc reconnus et célébrés. (il faut rejeter l’idée d’un lien obligatoire entre pauvreté, exclusion et terrorisme).

Ces groupes et mouvements, orthodoxes ou radicaux, irradient au plus profond de nos sociétés et bénéficient, sur le plan national et mondial, de la protection, passive ou active, de ce que le sociologue Max Weber nommait les "communautés émotionnelles". Ces communautés sont composées en grande partie de personnes ordinaires, pacifiques, mais qui, plus ou moins consciemment, servent de vecteurs aux revendications religieuses et de mur protecteur pour les éléments radicalisés.

Le plus grave, c’est que ces groupes et communautés sont confortées dans leurs croyances et leurs actions par une élite occidentale, dispersée idéologiquement (sociologues, philosophes, écrivains, etc.), mais dont le référent commun est la détestation de la modernité occidentale et de ses valeurs.

Trois grands creusets alimentent cette pensée intellectuelle :

- Le 1er creuset renvoie à un différencialisme de gauche à distinguer du différencialisme d’extrême-droite. Ce dernier, théorisé par Alain de Benoist (Nouvelle droite) prône la séparation communautaire, assigne les individus à une culture (religieuse, régionale, ethnique), pour mieux rejeter l’intégration.

A l’inverse, le différencialisme de gauche repose sur la reconnaissance des cultures avec la prise en compte de leurs revendications. Une date marque sa naissance, 1970, avec la parution du Manifeste différencialiste du philosophe français Henri Lefebvre, que je cite : "Le monde moderne entre dans le monde de la différence", c’est-à-dire, selon lui, dans un mouvement de destruction de la modernité et de reconstruction (d’autre chose ??) du fait de l’émergence de nouvelles passions révolutionnaires, religieuses, politiques ou ethniques : "Ainsi s’annonce le 3ème moment, celui de la différence. " (188).

Ce différencialisme de gauche s’inscrit dans un corpus théorique plus large, né au tournant des années 1960-1970, le post-modernisme célébré aux Etats-Unis sous le nom de french theory. Au centre, le concept de déconstruction, engagé par Jacques Derrida pour marquer la nécessité d’une mise en retrait de la pensée occidentale héritée des Lumières et de sa visée universaliste (donc déconstruction), avec un but : "multiculturaliser" la pensée, en bref rendre la parole au "multiple" (reconstruction).

On trouve ici les premières racines de la haine de soi portée aujourd’hui par nombre d’intellectuels, dans un contexte de sur-valorisation de la culture des "autres" et de sous-valorisation de la culture occidentale dénoncée comme dominante, hégémonique. Mais chez ces derniers nulle interrogation sur les retombées idéologiques de cette "haine de soi" qui a pour effet de diviser toujours plus les populations.

Ce mouvement aboutira dans les années 1980 à une formule portée par les gouvernants, qui partait d’une bonne intention, mais qui a fait des ravages : "le droit à la différence". A partir de cette période, on a répété et répété, dans les milieux scolaires et les médias, aux jeunes issus de l’immigration (même de la 2ème ou 3ème génération) : "vous avez une culture "autre", vous devez l’exprimer, la revendiquer, et résister à toute politique d’intégration".

Face à ces pressions protéiformes, à la fois mondiales (retour aux orthodoxies) et nationales (rôle des élite), ces derniers ont répondu, "regardez nous sommes diff

érents, et vous devez intégrer cette différence dans vos lois et vos esprits".

- Le deuxième creuset nous fait glisser du côté des penseurs multiculturalistes canadiens et américains comme Charles Taylor ou l’Anglo-Jamaïcain Stuart Hall. Attention, il y a une grande confusion sur ce terme. En effet, beaucoup pensent que le multiculturalisme c’est tout simplement la reconnaissance des différentes cultures (que l’on nomme diversité), et le refus des discriminations. On confond très souvent multiculturalisme et cosmopolitisme qui renvoie aux multiples rencontres et échanges entre personnes de cultures différentes dans l’art (musique, cinéma, théâtre, sport) ou au sein d’un même espace, (une ville, un pays). Dans ce cas, les personnes concernées sont amenées à circuler et ne sont pas dans la revendication.

A l’inverse, le multiculturalisme est un projet politique porté par des militants, des intellectuels qui désignent les minorités linguistiques, ethniques, religieuses, sexuelles comme les victimes d’une injustice dans la mesure où leur culture n’a pas le même statut que celle de la majorité (de la culture dite hégémonique).

Le projet multiculturaliste va très loin dans les revendications, puisqu’il remet en question, en ce qui nous concerne, l’article 1er de la déclaration des droits de l’homme de 1789 : "Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits", pour affirmer que : "Les cultures doivent être égales en droit à l’intérieur d’une même société".

On retrouve ici ce que l’on nomme le relativisme culturel qui place à même hauteur les principes, les valeurs, les interdits liés à telle ou telle culture. Certes, toutes les cultures sont respectables et doivent être respectées, mais certains principes ou valeurs ne peuvent être acceptés dans notre système démocratique et laïque comme : l’excision, la polygamie, les tribunaux rabbiniques ou islamistes, la possibilité de voiler les petites filles, les mariages forcés etc.

Donc obligatoirement la clause centrale du projet multiculturaliste annihile l’article 1er de la déclaration des droits de l’homme, puisqu’elle reconnaît des droits spécifiques, donc différents, aux personnes en fonction de leur assignation à tel ou tel groupe religieux ou culturel.

Je cite sur ce point le sociologue québécois, Mathieu Block-Coté :

"Le multiculturalisme d’Etat repose sur un récit fondateur : celui des crimes de l’Occident, qui n’obtiendra sa rédemption qu’avec la reconnaissance de la diversité".

Attention, il n’est pas question de nier l’existence d’une diversité ethnique, religieuses, culturelle ou autres, encore moins de réfuter le droit d’appartenir à telle ou telle communauté à la condition toutefois, que celle-ci reste ouverte sur l’extérieur, la société globale. Mais plus encore à la condition que chacun de ses membres se reconnaisse dans un fonds commun en histoire, en droits, en valeurs et en normes dont fait partie la laïcité. Il n’y a pas de cohésion sociétale sans un sentiment commun d’appartenance (une conscience collective).

Depuis peu, le corpus théorique multiculturaliste s’est enrichi d’un nouveau concept, "l’âge post-séculier" qui vise à marquer l’entrée dans une nouvelle ère où la démocratie serait, selon ses théoriciens, plus hospitalière aux religions bridées par la modernité (en bref, on nous annonce la fin du monde sécularisé amorcé il y a 4 siècles).

Pour les auteurs qui se réclament du post-sécularisme, la religion est désignée comme un besoin psychique, matériel ou spirituel, donc légitime dans toutes ses revendications. La philosophe Estelle Ferrarese, du Centre Marc-Bloch de Berlin, nous en donne une définition : "Le post-sécularisme consiste à dénoncer les réserves vis-à-vis de la légitimité des énoncés religieux dans la discussion politique et à vouloir lever toute restriction, à l’expression des convictions religieuses dans l’espace public."

On se rend compte ici de la proximité entre le "post-sécularisme" et l’"inclusivisme", puisque les deux remettent en question la société sécularisée, plus encore la laïcité.

- Le troisième creuset renvoie à la crise du marxisme-léninisme après la chute du bloc de l’est, et la recherche du nouveau sujet révolutionnaire. Le peuple, le prolétaire se sont vus remerciés au profit de la "multitude" qui regroupe, selon le philosophe italien Antonio Negri, "les perdants radicaux" (les "sans"), qui seraient porteurs, selon lui, d’une "barbarie positive", la nouvelle arme de destruction du système capitaliste mondial, mais aussi de construction de la future cité terrestre, obligatoirement égalitaire.

Sur ce terrain se rejoignent nombre de philosophes, écrivains, sociologues, journalistes, petits partis, groupes et associations qui véhiculent une idéologie de la repentance du fait d’un passé colonialiste, esclavagiste ou vichyste, et qui expliquent la montée des radicalités religieuses par l’incapacité de la démocratie à accepter son nouveau visage, celui de la diversité.

Dans ce contexte, que certains sociologues jugeraient anomique (2), les politiques et la société civile doivent répondre à un défi énorme : intégrer, rassembler sur la base de valeurs et de normes communes. Mais comment convaincre les croyants réticents que la laïcité, dans sa dimension normative, certes leur impose certains codes comportementaux et sociétaux, mais leur assure la liberté de croyance, tout en les protégeant des excès de leur foi (tout particulièrement les femmes).

Notre attention doit donc se focaliser sur ce qui rassemble et non sur ce qui disperse et oppose, tout particulièrement dans l’enseignement. Au sein du HCI, nous avions formulé 12 propositions (dont l’interdiction des signes religieux à l’université) afin de dégager des espaces neutres à la circulation des savoirs et de la parole. Nous savons quelle en a été la réception. (Je vous renvoie au livre pour les autres propositions) (3)

Dans ce contexte de crise protéiforme, je m’interroge sur le bien-fondé de l’enseignement du fait religieux dans le secondaire. Obligatoirement, il sera l’objet de tensions entre profs (certains très croyants, d’autres pas), entre profs et parents, et entre profs et enfants (plus encore dans certains établissements). Comment ces enseignants vont-ils contrer les prises de position hostile, sachant que les religions ne sont pas programmées la même année, l’une en 6ème, l’autre en 5ème (il paraît que la ministre serait revenue sur ce point et voudrait les regrouper en 6ème ???) ; sachant aussi que ces cours s’adressent à des jeunes gens qui n’ont pas les outils nécessaires pour faire la part des choses et qui ne comprennent même pas que la religion puisse être l’objet d’un débat scientifique et critique.

Pourquoi ne pas en rester à l’histoire des grandes civilisations, ce qui permettrait d’aborder, sur le temps long, la multiplicité des cultures (qui ne sont pas seulement religieuses), en faisant le lien entre l’architecture, l’économie, la politique et les religions (pas seulement monothéistes). De cette manière, on mettrait en exergue la richesse et la complexité des sociétés tout en abordant les religions, mais sans les isoler du reste.

De la même manière, il faut veiller à ce que l’enseignement de la laïcité ne soit pas démagogique (laïcité positive). Elle doit être replacée dans l’histoire conflictuelle franco-française pour expliquer sa spécificité. Il faut montrer comment la laïcité est devenue une tradition moderne, un pacte entre tous les croyants et les non-croyants et, surtout, affirmer qu’elle n’est pas négociable, qu’elle n’est pas réservée aux seuls chrétiens, et surtout qu’elle ne peut être confondue avec l’athéisme : on peut être croyant et laïque, athée et laïque, mais aussi croyant non laïque et athée non laïque.

Sur ce terrain, la politique doit retrouver sa place et sa fonction et n’en céder aucun pouce aux religions qui doivent, elles, retrouver leur prérogatives initiales (inscrites dans la loi de 1905), mais rien de plus.

Yolène Dilas-Rocherieux

Maître de conférences à l’université de Nanterre

Notes de la rédaction

(1) L’islam révolutionnaire,

Ilich Ramirez Sanchez CARLOS, Editions du Rocher

(2) Où les valeurs communes ont disparu

(3) Faire vivre la laïcité : expression religieuse et laïcité dans les établissements publics d’enseignement supérieur en France,

sous la direction d’Alain Seksig, Editions Le Publieur, mai 2014

Photos de la conférence organisée par le MPCT le 16 juin 2015 : Henri Biezin

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