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Nous sommes les soldats de l’an 16

vendredi 22 juillet 2016, par MPCT

Le Huffinton Post publie la tribune de notre secrétaire générale, Huguette Chomski Magnis, coordinatrice du Collectif Contre le Terrorisme.

http://www.huffingtonpost.fr/huguette-chomski-magnis/attentat-nice-nous-sommes-les-soldats-an-16_b_11129648.html?utm_hp_ref=france

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Un « soldat du califat » a perpétré le carnage de Nice revendiqué par l’Etat Islamique. Un autre de ses « soldats », encore adolescent, a attaqué à la hache les passagers d’un train en Allemagne. Une suite sanglante de revendications tresse des lauriers à des êtres qui ont visé des civils.

Alors que de vrais soldats, en armes, patrouillent dans les rues pour assurer notre protection, nous voici donc étrangement promus soldats - et soldates, les femmes étant des victimes civiles par excellence. Soldats sans armes dans une guerre où le quotidien le plus ordinaire devient le front. Soldats sans ordre de mobilisation, sans limite d’âge (du nouveau-né au vieillard, on est bon pour le service), sans droit à l’objection de conscience et aux permissions, sans exemption pour maladie.

Tout ce que des gens de bonne volonté ont tenté de mettre en place à la sortie de l’horreur nazie se délite : déclaration universelle des droits humains, progressivement fossilisée, droit international proscrivant crimes de guerre, crimes contre l’humanité et génocide, droit humanitaire basé sur le principe de distinction entre civils et militaires.

L’attaque délibérée de civils, qui s’apparente au crime contre l’humanité (1), est érigée en acte héroïque qui promet le paradis à son auteur.

Tel est le contexte dans lequel notre société doit se débattre, le fléau du terrorisme se surajoutant à tous les autres problèmes, sociaux, économiques, environnementaux qui l’assaillent sur fond de mondialisation.

Rien n’est nouveau, sinon l’échelle de ce terrorisme. En France même, l’impensable s’était produit en mars 2012 lorsque des enfants avaient été assassinés parce que juifs. Pauvres sentinelles, elles annonçaient les enfants massacrés le 14 juillet, parce qu’ils participaient aux réjouissances de la fête nationale d’une République française haïe par l’islam politique.

En 2012, la société française et ses leaders politico-médiatiques ont préféré ne pas désigner le mal. Au nom du pas d’amalgame et de la défense du vivre ensemble, nous les importuns, qui pensions qu’il fallait le faire, nous étions isolés, voire condamnés pour « islamophobie ».

Aux crimes atroces de Mérah, de grandes âmes ont cru devoir répondre par la dénonciation de l’exclusion au lieu de désigner l’idéologie qui allait happer aussi bien l’exclu que le brillant étudiant.

Aujourd’hui, parler de « radicalisation » et non de djihadisation, c’est encore éviter de nommer.

La terre est un village, dans lequel la généralisation du terrorisme islamiste ne pouvait rester confinée aux contrées lointaines d’Afrique et d’Asie dont nous détournions les yeux.

Symptomatique est le silence observé sur l’incitation au terrorisme officielle du Hamas et de l’Autorité palestinienne et l’héroïsation des pires terroristes, donnés en modèles aux enfants palestiniens. Les civils israéliens de tout âge sont tacitement acceptés comme des cibles légitimes, dans leurs rues, leurs autobus, leurs cafés et leurs maisons. L’appel à tuer les Israéliens, au couteau ou au véhicule écraseur fait partie de la routine au Proche-Orient.

Ce terrorisme allait fatalement être reproduit ailleurs.

Que faire à présent ?

Comment armer le cœur et l’esprit des soldats sans armes de l’an seize ?

En ce terrible début d’été où tant de familles sont endeuillées, à défaut de prétendre apporter LA réponse, on peut identifier ce qu’il ne faut pas faire :

- Répéter comme un mantra que ce terrorisme n’a rien à voir avec l’Islam. Il est perpétré en son nom. Il désigne comme ennemis les non-musulmans. Le tri a parfois été opéré lors d’attaques entre ceux qui savaient réciter les prières du Coran et les autres, les premiers étant épargnés. Des régimes islamiques ont instauré une terreur d’état, faisant de la violence physique, de la torture et de la mise à mort la LOI, à appliquer contre apostats, blasphémateurs, homosexuels, femmes dites adultères et même jeunes filles victimes de viol,

- S’en prendre aux Musulmans globalement. La majorité des victimes fauchées par ce terrorisme sont musulmanes. A Nice même, la filiation musulmane de bien des victimes ne les a pas protégées.

- Enfin, reculer sur la défense de la laïcité, des droits des femmes, de la liberté de conscience et d’expression, serait gravissime pour la France et pour le monde.

Si elles ne le rejoignent pas, l’intimidation et les pressions au quotidien accompagnent le terrorisme le plus sanglant, au service d’une même idéologie, suprématiste et totalitaire.

(1) Selon l’article 7 du Statut de Rome, le meurtre commis sur ordre « dans le cadre d’une attaque généralisée ou systématique dirigée contre toute population civile » est constitutif de crime contre l’humanité.

Huguette Chomski Magnis

Coordinatrice du Collectif Contre le Terrorisme, Secrétaire générale du MPCT (Mouvement Pour la Paix et Contre le Terrorisme)

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