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Terrorisme : commémorations, hommages aux victimes, nouveaux attentats ... et questions

vendredi 24 mars 2017, par MPCT

Hommage le 19 mars à Toulouse, et puis hommage le 22 mars à Bruxelles...

En fait, on peut se demander s’il va rester beaucoup de dates au calendrier qui ne soient pas marquées par la mémoire d’un attentat.

Certaines dates ont même le triste privilège d’en cumuler plusieurs. Ainsi celle du 11 mars évoque à la fois le carnage de Madrid en 2004 et le premier des attentats de Merah.

Le 22 mars sera désormais marqué aussi par le nouvel attentat de Londres, moins meurtrier que ceux du 7 juillet 2005 mais frappant le coeur politique et touristique du pays.

Il y a quotidiennement des attentats perpétrés par des islamistes hors d’Europe, au loin, ces derniers jours au Nigeria, en Irak et en Somalie.

Bref, on érige des monuments aux morts mais la guerre se poursuit et elle fait rage.

Le temps d’un anniversaire, on pense aux victimes et aux familles endeuillées, aux blessés qui luttent encore des mois et des années après pour se relever.

Pour eux tous, les cérémonies d’hommage national sont l’indispensable reconnaissance minimale.

Elles ne suffisent pas.

L’émotion de doit pas empêcher la réflexion et le constat des contradictions.

Ainsi, prônant amour et tolérance, la Belgique a rendu hommage aux victimes du terrorisme mais des universités belges ont bien voulu recevoir Salah Hamouri, un terroriste plein de haine.

La France s’est souvenue des attentats qui l’avaient traumatisée en 2012, d’autant plus gravement qu’ils n’avaient pas suscité de manifestation massive.

Notre pays honore ses victimes mais un rapport du CNRS révèle des faits dérangeants.

Il a été réalisé par deux sociologues à la suite de l’appel à projets « attentats recherche » lancé en novembre 2015 par le Président du CNRS.

Anne Muxel et Olivier Galland ont dirigé une étude qui a porté sur plus de 7 000 lycéens français. Il s’agit d’élèves de classe de seconde, tout comme les lycéens de Concarneau qui ont été pris dans l’horreur de l’attentat de Londres.

Cherchant à mesurer ce qu’ils appellent " le degré d’adhésion à la radicalité au sein de la jeunesse », les deux sociologues ont délibérément surreprésenté certaines catégories puisqu’il y a environ 16 % de jeunes en zone urbaine sensible et 25 % de confession musulmane.

Quelle perception les jeunes sondés ont-ils du terrorisme qui a frappé massivement la population de notre pays ?

- Selon l’enquête, 79 % condamnent totalement les attentats de novembre 2015. Autrement dit, 21 % ne les condamnent pas totalement !

- Pour les attentats de Charlie Hebdo et de l’Hyper Cacher, c’est encore pire : 68 % seulement condamnent totalement leurs auteurs, 10 % les condamnent « mais en partageant certaines de leurs motivations », 5 % ne les condamnent pas et 9 % y sont « indifférents » !

Comme le rapport Obin en 2004, ce rapport gêne, d’où le peu de publicité dont il bénéficie.

De bonnes âmes le jugeront à coup sûr stigmatisant. Pourtant, ce n’est pas en cassant le thermomètre qu’on vient à bout de la fièvre. Il faut tout faire pour arriver à une condamnation unanime du terrorisme par la jeunesse de notre pays !

Pour gagner cette bataille, il faut donner à cette jeunesse les moyens de résister à l’offensive islamiste.

Il est impossible de le faire sans affronter la réalité. Du déni faisons table rase.

Victoria Wilson

En savoir plus sur le rapport du CNRS

http://www.lequotidiendumedecin.fr/actualites/article/2017/03/20/lyceens-et-radicalite-une-enquete-du-cnrs-souligne-une-inquietante-tolerance-vis-vis-de-la-violence_845794

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