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"Pour que la voix de Malki puisse être entendue par ceux qui ont à cœur de stopper les terroristes ", le message d’Arnold Roth à la Conférence de Paris

mardi 2 octobre 2007

Malki Chana Roth avait de longs cheveux, des yeux en amande pétillants d’intelligence, la fraîcheur de ses quinze ans et un beau sourire généreux. Proche de sa petite soeur lourdement handicapée, Malki s’était, toute jeune, engagée dans l’accompagnement des enfants handicapés. C’était aussi une musicienne brillante.

Le 9 août 2001 , elle était allée déguster une pizza avec sa meilleure amie. Elles moururent ensemble, en même temps qu’une petite franco-israélienne de 9 ans, et douze autres personnes dans l’attentat "suicide" de la pizzeria Sbarro à Jerusalem, qui annonçait déjà le 11 septembre par sa barbarie .

Pour perpétuer son souvenir et son engagement, les parents de Malki, Arnold et Frimet Roth ont créé "Keren (fondation en hébreu) Malki" - association qui vient en aide aux enfants handicapés.

Ils témoignent sans haine, en Israël et dans le monde entier, pour les victimes du terrorisme et militent pour la condamnation du terrorisme.

Arnold Roth a participé , au nom de la Fondation Malki à la Conférence Internationale Contre le Terrorisme le 11 septembre 2007 à Paris .

Voici le texte de son intervention dans son intégralité, d’abord dans la version traduite en français , et ensuite dans sa version originale en anglais . (A. H.)

Connaître l’ennemi :

Observations à l’occasion du 6ème anniversaire du 11 septembre

Au début de l’été, ma femme et moi fûmes abasourdis par une photo d’une jeune femme qui nous fixait sur le site Web du New York Times. Il y avait aussi un article — critique d’un film sur les terroristes Arabes palestiniens qui sont dans les prisons Israéliennes. Il était illustré par la photo séduisante d’une jeune femme d’une beauté singulièrement attirante, vêtue avec goût et au sourire doux et charmant. C’est une jeune femme de 27 ans au doux visage. Elle se trouve dans l’image car c’est l’initiatrice d’un massacre dans lequel un homme avec un étui à guitare sur le dos a pénétré dans un restaurant au centre de la capitale de mon pays et s’est fait exploser. Cet étui, qu’elle avait acquis pour lui, n’était pas pour faire de la musique mais pour donner la mort. Il était plein d’explosifs. Le jeune s’en est allé retrouver ses 72 vierges plus heureux qu’en aucun autre moment de sa vie. Et la jeune femme qui avait 21 ans, a quitté la scène du massacre dans lequel 15 personnes sont mortes, surtout des enfants et des bébés et s’est précipitée à son travail de présentatrice du journal de la télévision palestinienne. Là, calmement, elle a fait le compte-rendu du carnage et de la destruction à Jérusalem sans mentionner son rôle.

Elle est l’assassin de ma fille. Aujourd’hui, elle purge de multiples condamnations à vie en prison, et comme le signifie clairement l’article elle a confiance en une libération rapide comme partie d’un marché entre l’autorité palestinienne et le gouvernement d’Israël. Elle a peut-être bien raison.

Ma femme et moi avons trouvé l’image, le sourire et cette séduction insupportable. Nous avons tenté d’expliquer nos sentiments au New York Times et à la compagnie qui produisait le film mais ils n’ont pas été très intéressés. Nous avons écrit des lettres à nos amis et des articles sur des blogs. Nous disions qu’il est impossible de voir son visage et de comprendre que c’est un monstre, mais c’est un fait. Le visage de ma fille — le visage d’une très belle jeune fille de 15 ans à l’âme pleine de musique, qui jouait de la flûte classique dans l’orchestre des jeunes de Jérusalem et qui composait des chansons, qui passait tout son temps libre à entraîner les jeunes filles des voisinages défavorisés, qui était volontaire pour aider les enfants ayant de sérieux handicaps — le visage de ma fille, lui, n’est pas apparu sur le New York Times.

Quand on transforme les victimes en statistiques

Il est quelque chose que j’aimerais bien que les éditeurs du New York Times comprennent c’est que lorsque l’on humanise les terroristes ont provoque une réaction en chaîne qui conduit au doute, à l’ambivalence sur des sujets qui demandent une très grande détermination. De plus on transforme les victimes en statistiques. On les déshumanise et on marginalise leurs familles et leur société.

La lutte pour inverser les succès mondiaux de la terreur inclut bien des facteurs. Les défis sont complexes. Ils ont un grand nombre de composantes politiques, sociologiques, économiques et culturelles. La chose est encore plus difficile lorsque l’on fait cas de la confusion qui existe chez nos voisins et leurs chefs sur les éléments de base du problème. Des questions qui méritent des réponses simples — comme qui sont les terroristes et que peut-on faire pour les stopper — demeurent sans réponse. On en débat dans les centres commerciaux et les écoles dans les parlements, à la télévision et aux Nations Unies. Bien que ce débat soit littéralement une question de vie ou de mort, il reste des désaccords substantiels sur les objectifs et la méthodologie.

Répondre aux failles de la communauté internationale

Le manifeste proposé à cette conférence dit que la condamnation du terrorisme doit être « absolue, universelle et inconditionnelle », quelque soit la justesse de la cause, quelque soit l’importance de la provocation.

Nous pouvons admettre volontiers que ceux qui manipulent, promeuvent et organisent des actes de terrorisme doivent être condamnés. Leurs paroles et leurs actes ne méritent aucune place dans la société des nations civilisées, cultivées et libres.

Cependant il est nécessaire, lors de rassemblements comme celui-ci, de gens en colère, épouvantés et profondément inquiets devant les failles de la communauté internationale, d’appeler à des avancées qui répondent de façon adéquate et effective au terrorisme. Certains d’entre nous sommes ici parce que nous avons subi l’expérience du terrorisme dans notre chair. Les vies de nos familles ont été profondément affectées par les terroristes et leurs supporters. Nous sommes motivés pour l’action. Mais nous nous trouvons non seulement impuissants mais en grande partie sans voix.

Ces trois dernières années, j’ai personnellement pris part à différents meetings consacrés à la terreur et à ses victimes. J’ai appris à apprécier les éléments qui connectent les victimes de la terreur les uns aux autres. Il est frappant de voir combien les différences entre nous sont nombreuses, y compris des éléments tels que le langage la religion et la façon de voir. Et pourtant nous avons beaucoup en commun - et ,plus frappant encore, un sens profond de l’ injustice et de la frustration.

J’ai aussi rencontré des officiels de plusieurs gouvernements ainsi que des organismes publics afin de leur parler de ce que les victimes de la terreur ont appris. Il y a bien des choses que nous voudrions que nos chefs entendent de nous et qu’ils en tirent un enseignement pour le bénéfice des communautés dans lesquelles nous vivons. Nos vies personnelles ont été profondément blessées par ces praticiens de la terreur. Notre proximité avec ces sujets nous en permet une connaissance (pénétration) que l’on doit faire entendre et sur laquelle agir.

La réponse des "officiels"

Il y a quelques mois j’étais assis dans une petite pièce, fermée, avec un homme qui a un titre professionnel inhabituellement long et sérieux. En français on l’appelle « Rapporteur spécial sur la promotion et la protection des droits de l’homme et des libertés fondamentales dans la lutte antiterroriste ». En anglais : “Special rapporteur on the promotion and protection of human rights and fundamental freedoms while countering terrorism”.

Il y a quelques mois, il est venu à Jérusalem où je demeure. Je me suis informé sur le titre qui est sur sa carte professionnelle puisque — comme je le lui ai dit franchement — il m’a paru si étrange. Il m’a répondu que la Commission des Droits de l’Homme des Nations Unies avait créé cette situation de haut niveau en 2005 et qu’il l’a tenu depuis. Cet emploi est prévu pour une durée de trois ans, ce qui signifie qu’il en a déjà accompli les deux tiers.

Il m’a déclaré que ces derniers temps il s’occupait surtout de la première partie de son rôle : la promotion et la protection des droits humains et des libertés fondamentales. La seconde partie, contrer le terrorisme n’est pas présentement son objectif. Ce n’est pas vraiment surprenant étant donné que les Nations Unies n’ont pas été capables jusqu’à présent d’arriver à un accord sur une définition du terrorisme après avoir essayé pendant des années. Malheureusement, le même groupe de membres des Nations Unies, année après année, bloque toute tentative d’une définition agréée.

Pourquoi ma rencontre avec cet officiel m’a - t’elle tellement dérangé ? Il est agréable et intelligent. Il a accès à des ressources, à du personnel, à un budget de voyages. Il peut rendre publiques ses découvertes et parler avec les chefs des pays de tous les continents. Sa situation est une position de grande influence potentielle. Cependant il a un titre qui résonne comme une résolution des Nations Unies — fruit du travail de quelque comité et probablement décision d’un quelconque compromis. C’est triste et inquiétant parce que cela signifie que la solution s’éloigne au lieu de s’approcher.

Ce que nous devrions défendre

Quand des mesures de contre-terrorisme seront mises en place par des organisations internationales, nous qui sommes tellement concernés devrons défendre plusieurs éléments :

- Qu’elles ne deviennent pas un moyen de collecter des rapports ou des études de « bonnes pratiques ». Il y a un besoin urgent d’action concrète .

- Les blocs fondamentaux, tels une définition du terrorisme, ne doivent pas être édulcorés par une recherche de consensus. Ceci est est surtout vrai dans la lutte pour développer une convention compréhensible et globale contre le terrorisme.

- Des avancées intelligentes et déterminées doivent être adoptées pour que les processus démocratiques, qui sont fondamentaux à nos vies ne soient pas et ne puissent pas être détournés par les terroristes et leurs avocats rusés. Aujourd’hui ils utilisent la démocratie pour attaquer nos sociétés de l’intérieur. Ils se jouent de notre dévotion aux droits humains afin de protéger leurs actions inhumaines. Il est impératif de que nous trouvions des moyens de rendre sûrs nos principes démocratiques essentiels et de protéger nos vies et celles de nos enfants.

Les dilemmes qu’on nous envoie ne sont pas simples

Rien de ceci n’est facile. Le terrorisme nous envoie des dilemmes et des défis qui ne sont pas simples. Lorsque l’on réfléchit à ce qui doit être fait, on peut aussi tirer des leçons d’autres situations. Je désire en livrer une aujourd’hui.

Il y a une étude célèbre dans laquelle il fallait persuader les étudiants de l’université de Yale aux États-Unis de se rendre volontaires pour une vaccination antitétanique. Un psychologue, Howard Leventhal, divisa les étudiants en deux groupes. Une brochure fut remise aux deux groupes, elle expliquait combien le tétanos est dangereux pour leur santé et leur notifiait la possibilité d’une vaccination gratuite dans une clinique proche.

La brochure se présenta alors de deux façons différentes. Une version présenta la vaccination en utilisant le langage de la grande frayeur. Elle montrait des images effrayantes d’un enfant atteint du tétanos, des photographies de victimes du tétanos à l’hôpital, de leurs plaies et de tubes qui sortaient de leurs nez. Une seconde version contenait les mêmes faits mais utilisait un langage scientifique et médical sans émotion. Elle laissait de côté les images et utilisait des mots moins durs.

L’étude montra l’efficacité des deux brochures dans la présentation des faits et l’explication du danger. Mais les étudiants qui reçurent la version "Grande frayeur" avaient une compréhension nettement plus claire. Ils étaient davantage convaincus qu’il était nécessaire d’aller se faire vacciner. On peut comprendre ce procédé. Il est raisonnable. Les chercheurs poussèrent plus loin et s’enquirent de savoir combien d’étudiants avaient agi - en d’autres termes , combien de membres des deux groupes étaient réellement allés à la clinique pour se faire vacciner. Et c’est là qu’on constate quelque chose d’intéressant. Dans les 30 jours qui ont suivi la remise des brochures et la campagne de promotion de la vaccination, les étudiants les plus convaincus qui avait été exposés à l’explication dite "grande frayeur" s’étaient rendus à la clinique et avait été vaccinés dans exactement le même pourcentage que ceux à qui l’on avait montré la version basse frayeur. Ce pourcentage avoisinait zéro à 3 % pour être précis.

Le langage de la brochure et son ton étaient inadéquats. Le message n’était tout simplement pas passé.

Si nous avions été là pour suivre cette étude, bon nombre d’entre nous aurait pensé que la brochure était inutile. Nous aurions compris que l’urgence pour convaincre les étudiants d’agir pour se protéger devait s’exprimer d’une façon différente. Mais l’important de cette étude est ce qui est arrivé ensuite.

Les chercheurs créèrent une nouvelle version des brochures. La nouvelle version avait le même contenu mais ajoutait des informations supplémentaires. Elle incluait une carte du campus avec un cercle autour du centre médical. Elle incluait les horaires auxquels les étudiants pouvaient se rendre pour se faire vacciner. C’était un petit et subtil changement qui n’expliquait pas et ne persuadait pas . Ce n’était pas nécessaire car chacun connaît les dangers d’une maladie sérieuse et personne n’en veut. L’information n’était pas vraiment pratique puisque la plupart des étudiants savaient où se trouvait le centre médical , même sans la carte.

Voici ce qui se passa. Les étudiants qui reçurent cette version plus orientée vers l’action de la brochure, répondirent en se faisant vacciner au taux de 28 %. C’était neuf fois plus important parce qu’elle permettait aux étudiants de comprendre comment intégrer cette information dans leur vie ; cela ne faisait aucune différence de savoir si le langage était de " basse frayeur" ou de "grande frayeur". Les dangers passèrent de l’abstraction et de l’impersonnalité au pratique et au mémorisable. C’est ce qui s’est passé.

Prendre des mesures pour nous protéger

Que le terrorisme soit dangereux pour nous et nos sociétés est une chose que tout le monde sait. Mais tout le monde ne semble pas comprendre que nous pouvons prendre des mesures pour nous protéger. Et il savent encore moins qu’il peuvent aider dans ce processus par leurs propres actions. L’écrivain américain Malcom Gladwell décrit cette expérience de Yale dans un livre récent et remarque que les étudiants étaient intelligents et relativement bien informés. Mais ils n’ont agi que lorsque le message a été personnalisé et orienté vers l’action, même s’ils n’avaient pas vraiment besoin de cette information. Il a écrit :« Il y a un moyen très simple de faire passer l’information qui, si les circonstances sont correctes, peut la rendre irrésistible. Tout ce que vous avez à faire, c’est de le trouver. »

Comprendre la cruauté de l’ennemi

Il est clair pour moi que l’on ne raisonne pas avec le terrorisme. On n’engage pas le dialogue avec ses praticiens pour la même raison qu’il n’y a pas de dialogue avec le tétanos ou avec le cancer. On identifie les pas qu’il faut faire pour les stopper, pour les empêcher de détruire le corps, et on calcule intelligemment pour savoir comment atteindre le but stratégique avec le moins possible de dommages. L’organisme que nous défendons est en bonne santé. Nous ne désirons pas compromettre ses bonnes parties. Mais si on n’attaque pas et n’enlevons pas les parties malades, la pathologie, alors on court le risque de perdre tout. Pour réussir, il faut comprendre la dimension du danger, la cruauté de l’ennemi, et le prix de la défaite. On sait qu’il y aura des dommages, même si nous ne le voulons pas. Ceci est vrai dans mon pays, dans votre pays et dans tous les pays.

Pourquoi et comment agit la Fondation Malki

Aujourd’hui, nous sommes le 11 septembre ,soit le sixième anniversaire du jour où ma famille et moi avons créé la Fondation Malki en mémoire de notre fille. Le document légal qui certifie son enregistrement a été enregistré le matin de ce jour en 2001, quelques heures avant l’attaque jihadiste aux États-Unis. Aujourd’hui, au nom de Malki, nous recueillons de l’argent de donneurs du monde entier afin apporter une aide concrète aux familles de mon pays qui ont un enfant avec des besoins particuliers. Il y a des milliers de familles dans ce cas en Israël et la fondation Malki les aide parce que nous sommes déterminés à contrer la haine et la cruauté de ceux qui ont le culte de la mort, par des actions constructives qui affirment la vie.

Un tiers des familles que nous aidons est musulman ou arabe chrétien. Ceci est un facteur qui surprend surtout les gens qui ne vivent pas dans notre pays. La plupart des Israéliens ont appris qu’une société ouverte et démocratique peut et doit trouver des moyens de combattre la noirceur de ses praticiens de la terreur tout en protégeant et en défendant son âme. C’est un combat à la vie et à la mort.

Le nom de ma femme est Frimet. Elle est aujourd’hui à la maison à Jérusalem, à s’occuper de notre plus jeune enfant qui soufre de cécité et d’importants problèmes de développement. Frimet a écrit un article qu’elle publiera aujourd’hui en connexion avec les leçons du 11 septembre . Elle l’a appelé « les Dangers de l’Amnésie Historique ». Elle y écrit comment les sociétés, peut-être pour faire face au profond traumatisme, ont effacé le souvenir du terrorisme de leur conscience collective. C’est un phénomène qui semble affecter ceux qui n’ont pas eux-mêmes ,personnellement, ou à travers ceux qu’ils aiment, été affectés. La mémoire est beaucoup plus puissante lorsqu’il y a personnalisation.

Je lui ai dit que j’en ferai mention dans mon discours devant vous aujourd’hui, afin que sa voix aussi puisse être entendue par ceux qui ont à cœur la nécessité de stopper les terroristes.

Merci.

Arnold Roth

Fondation Malki - Jerusalem

Nos vifs remerciements à D.L (et à Monique) pour leur traduction .


To Know The Enemy : Observations on the Sixth Anniversary of 9/11

Earlier this summer, my wife and I were stunned to see a photograph of a young woman staring at us from the website of the New York Times. There was an article - a review of a film about Palestinian Arab terrorists who are in Israeli jails. It was illustrated by a glamorous picture of an unusually attractive young woman, nicely dressed and with a gentle, lovely smile. She is a sweet-faced woman of 27. She is in the picture because she was the engineer of a massacre in which a man with a guitar case on his back walked into a restaurant in the center of the capital city of my country and exploded. His guitar case, which she acquired for him, was not for music but for death. It was filled with explosives. The young man went to his 72 virgins happier than at any other moment in his life. And the young woman, who was 21 years old, went from the scene of the massacre in which fifteen people died, mostly children and babies, and rushed back to her job as a news reader for Palestinian television. There, she calmly reported on the carnage and destruction in Jerusalem without mentioning her role.

She is the murderer of my daughter. She is today serving multiple life-sentences in jail and, as the article makes clear, she is confident she will be released soon as part of a deal between the Palestinian Authority and the government of Israel. She may be right.

My wife and I found the picture, the smile, the glamour to be unbearable. We tried to explain our feelings to the New York Times and to the company which produced the film but they were not very interested. We wrote letters to our friends and articles in blogs. We said that it is not possible to see her face and then understand that she is a monster, but she is. My daughter’s face - the face of a beautiful girl of fifteen with music in her soul, who played classical flute in the Jerusalem Youth Orchestra and composed songs, who devoted all her free time to being a youth leader for girls in disadvantaged neighbourhoods, who volunteered as a helper for children with serious disabilities - the face of my daughter was not shown in the New York Times.

Something I wish the editors of the New York Times would understand is that when you humanize the terrorists, you cause a chain reaction which leads to doubt and ambivalence about matters that require great determination. In addition, you turn the victims into statistics. You dehumanize them and you marginalize their families and their society.

The struggle to reverse the global successes of terror involves many factors. The challenges are complex. They have a large number of political, sociological, economic and cultural components. This matter is even more difficult when we take account of the confusion existing among our neighbours and leaders on the very basic elements of the problem. Questions which deserve simple answers - like who are the terrorists and what is to be done to stop them - remain unanswered. They are debated in our shopping centers and schools, in parliaments, on television and at the United Nations. Although this debate is literally a matter of life and death, there remains very substantial disagreement about the objectives and the methodology.

The draft manifesto of this conference says that the condemnation of terrorism must be “absolute, universal and unconditional”, no matter how just the cause, no matter how severe the provocation.

We can readily agree that those who mastermind, perpetrate and promote acts of terrorism have to be condemned. Their voices and their actions deserve no place in the society of civilized, cultured and free nations.

Yet it is necessary for gatherings like this one, of people who are angry, appalled and deeply worried about the failures of the international community, to call for steps that deal adequately and effectively with terrorism. Some of us are here because we have experienced terrorism in our flesh. The lives of our families have become profoundly affected by the terrorists and their supporters. We are motivated to act. But we find ourselves not only powerless but, to a very great extent, voiceless.

In the last three years, I have personally taken part in several meetings related to terror and its victims. I have learned to appreciate the elements which connect victims of terror to each other. It is striking to see how the differences among us are many, including such matters as language, religion and outlook. And yet we have much in common - most strikingly, a deep sense of injustice and frustration.

I have also met with officials from various governments and public bodies to talk about the things which terror victims have learned. There are many matters that we wish our leaders would hear from us and learn from them for the benefit of the communities in which we live. Our own lives have been profoundly hurt by the practitioners of terror. Our closeness to these issues gives us insights that need to be heard and acted upon.

I sat some months ago in a small, closed room with a man who has an unusually long and serious job title. In French, he is called “Rapporteur spécial sur la promotion et la protection des droits de l’homme et des libertés fondamentales dans la lutte antiterroriste. In English : Special rapporteur on the promotion and protection of human rights and fundamental freedoms while countering terrorism.

Some months ago, he came to Jerusalem where I live. I asked him about the title on his business card, because - as I told him in a frank way - it seemed so odd to me. He told me the Commission on Human Rights of the United Nations had created his job in 2005 and he has held the top role since then. His position is intended to have a life of three years, which means he has been doing this job for more than two-thirds of the life-span allocated to it.

He told me he is mainly busy these days with the first part of his role : the promotion and protection of human rights and fundamental freedoms. The second part, countering terrorism, is not yet his focus. This is not entirely surprising, given that the United Nations has so far been unable to come up with an agreed definition of terrorism after many years of trying. Unfortunately the same group of member countries of the United Nations, year after year, keeps blocking every attempt at an agreed definition.

Why was my meeting with this public official so upsetting to me ? He is pleasant and intelligent. He has access to resources, to a staff, to a traveling budget. He can publicize his findings and speak with leaders of countries from every continent. His is a position of potentially great influence. Yet he has a job title which sounds like a United Nations resolution - the fruit of some committee’s work, and probably a compromise decision of some kind. This is sad and worrying because it means a solution is further away and not closer.

When counter-terrorism measures are put in place by international organizations, we who are so concerned, must advocate for several outcomes. • They must not turn into a process for collecting reports or for studying “best practices”. There is an urgent need for practical action. • Fundamental building blocks, like a definition of terrorism, must not be permitted to be watered down in a search for consensus. This is especially true in the struggle to develop a comprehensive global convention against terrorism. • Intelligent and determined steps have to be adopted so that the democratic processes which are fundamental to our lives are not, and cannot be, abused by terrorists and their sophisticated advocates. Today they use democracy to attack our societies from inside. They abuse our devotion to human rights in order to protect their inhuman actions. It is imperative that we find ways to safeguard our core democratic principles and protect our lives and those of our children.

None of this is easy. Terrorism throws dilemmas and challenges at us which are not simple. In thinking about what needs to be done, we can consider lessons that have been learned from other situations. I want to offer one today.

There is a famous study in which students at Yale University in the United States had to be persuaded to volunteer for a tetanus inoculation. A social psychologist divided the students into two groups. Both groups were given a booklet which explained how dangerous tetanus is to their health, and notified them of the possibility of free inoculation at a nearby clinic.

The booklet came in two different forms. One version presented the case for inoculation by using the language of high fear. It showed frightening pictures of a child having a tetanus seizure, photographs of tetanus victims in hospital with surgical wounds and with tubes coming out of their noses. A second version contained the same facts but used scientific and medical language without emotion. It left out the pictures and used milder words.

The research showed that both booklets were effective in conveying the facts and explaining the danger. But the students who were given the high fear version had a clearly deeper understanding. They were more convinced that they should go and get the injection. We can understand this process - it makes sense.

But the researchers went further and investigated how many of the students took action - in other words, how many members of the two groups actually turned up at the clinic to get inoculated. And here we see something interesting. Within thirty days of receiving the booklets and being exposed to the education campaign promoting inoculation, the more deeply convinced students who had been exposed to the high fear explanation went to the clinic and got the injection in exactly the same percentage as those who were shown the low fear version. That percentage was close to zero - 3% to be precise.

The language of the booklet and its tone was irrelevant. The message simply did not get through.

If we had been there to watch this study, most of us would think that the booklet was not effective. We would have understood that the urgent need to convince students to take active steps to protect their health needed to be expressed in a different way. But the point of this study is in what happened next.

The researchers created a new version of the booklets. The new version had the same content but had some additional information. It included a map of the campus with a circle around the health building. It listed the times when a student could go there and get the injection. This is a subtle and small change which did not persuade or explain. Those were not needed because almost everyone knows the dangers of serious illness, and no one wants it. The information was probably not very practical since most students knew where to find the health center even without the map.

Here is what happened. The students who got this action-oriented version of the booklet responded by going and getting the inoculation at a rate of 28 percent. It was nine times more effective because it helped the students understand how to fit the information into their lives, and it made no difference whether the language was low fear or high fear. The dangers went from being abstract and impersonal to being practical and memorable. That was what it took.

That terrorism is dangerous to us and our societies is known to everyone. But not everyone seems to understand that we can take measures to protect ourselves. Even fewer know that they can help this process by their own actions. The American writer Malcolm Gladwell describes this Yale experiment in a recent book, and points out that the students were intelligent and relatively well informed. But they acted only when the message was personalized and action-oriented, even if they did not actually need the information. He wrote : “There is a simple way to package information that, under the right circumstances, can make it irresistible. All you have to do is find it.”

It is clear to me that you do not reason with terrorism. You do not engage in dialogue with its practitioners for the same reason that you do not have a dialogue with tetanus or with cancer. You identify the steps that have to be taken to stop them, to prevent them from destroying the body, and you make intelligent calculations about how to achieve your strategic goal with the smallest possible damage. The organism which is being defended is healthy. We do not wish to compromise its good aspects. But if we do not attack and remove the sickness, the pathology, then we run the risk that we will lose everything. To succeed, we must understand the size of the danger, the viciousness of the enemy, and the price of defeat. We must also know there will be some damage, even if we do not want it. This is true in my country, in your country and in every country.

Today, 9/11, is the sixth anniversary of the day on which my family and I created the Malki Foundation in our daughter’s memory. The legal document which certifies its registration was issued on the morning of that day in 2001, some hours before the jihadist attacks in the United States. Today, in Malki’s name, we raise money from donors all over the world in order to give practical help to families in my country who have a child with special needs. There are thousands of such families in Israel and the Malki Foundation supports them because we are determined to counter the hatred and viciousness of the death-cultists through constructive and life-affirming actions.

One third of the families who get this support are Moslem and Christian Arabs. This is a factor which is surprising mainly to people who do not live in my country. Most Israelis have learned that an open and democratic society can and must find ways to fight the darkness of the practitioners of terror while protecting and defending its own soul. It is a life-and-death fight.

My wife’s name is Frimet. She is at home today in Jerusalem, caring for our youngest child who suffers from blindness and severe developmental problems. Frimet wrote an article which she will publish today in connection with the lessons of 9/11. She calls it “The Dangers of Historical Amnesia”. In it, she writes how societies, perhaps as a way of coping with deep trauma, have wiped the recollection of terrorism from their collective consciousness. This is a phenomenon that seems to affect people who were not themselves, personally, or via their loved ones, affected. Memory is much more powerful when it is personalized.

I told her that I will mention this in my speech to you today so that her voice, too, can be heard among those who care deeply about the imperative of stopping the terrorists. Thank you.

Arnold Roth

The Malki Foundation - Jerusalem

- arnold.roth@kerenmalki.org PO Box 23637 Jerusalem 91236 srael. Phone +972-2-586-4323

- www.kerenmalki.org PO Box 2151 Jerusalem 91023 Israel. Phone +972-2-567-0602

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