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LE TERRORISME, UN CRIME CONTRE L’HUMANITÉ : Intervention de Richard Rossin le 11 septembre 2010

jeudi 23 septembre 2010, par MPCT

Ce texte a été publié le 13 septembre sur le site Mediapart

Voici le texte de mon intervention à l’Auditorium de l’Hôtel de Ville de Paris, dans le cadre de la 3ème journée internationale contre le terrorisme qui s’est déroulée à Paris le 11 septembre 2010 sous le parrainage de la Ville de Paris et de Fodé Sylla, Président de la Fédération Internationale SOS RACISME et membre du Conseil Economique, Social et Environnemental.

Richard Rossin, écrivain, militant humanitaire et administrateur du MPCT

"Voilà, ce que vous venez d’entendre (1), ce sont des propos et leur conséquences.

C’est un truisme affadi par sa répétition que de dire que les mots tuent et voici la litanie de sa réalité, ces monceaux de cadavres de passants, non pas innocents parce que personne ne l’est. Des passants.

Des passants assassinés par les mots des dogmes des assassins ; eux trouveront toujours les mots pour tuer. Ces mots là sont les maux de nos temps puisque face à eux règne le silence. Ces mots là véhiculent une pensée unique, une pensée de haine pour tous ceux qui ne pensent pas comme eux et ne vivent pas selon leurs directives, une pensée donc qui asservit. L’explosion de la bombe est un écho de ces mots mortels.

Nous n’avons cessé de tenter de réveiller les consciences et nous ne cesserons pas de le faire. Nous sommes le MPCT, le mouvement pour la paix et contre le terrorisme, car il n’est pas de paix possible avec le terrorisme. Le terroriste c’est tout simplement celui qui ne tient pas compte de l’humanité, le plus souvent pas même de la sienne.

Au palmarès des pays martyrisés, évidemment l’Irak, le Pakistan, l’Afghanistan : le triangle maudit et aussi l’Afrique, le continent de toutes les morts possibles. Peu de morts en Israël, non du nombre des tentatives, mais de son étonnante capacité à faire face. Dans l’année, seuls trois attentats ne sont pas le fait d’islamistes. Mais ne confondons pas car ce n’est pas la majorité mais la quasi-totalité des victimes qui sont musulmanes. Les islamistes massacrent en priorité des musulmans.

Chacun sait que le mot religion vient du latin relier.

Il y a deux façons de relier. L’une est de se relier à tous les autres dans l’idée d’un monde confié en partage aux hommes. L’autre ne relie que les adeptes d’une pensée à l’exclusion des autres, à l’image de l’antique secte des hachaschins. Ceux là ont une récompense car il paraît que soixante-dix vierges paradisiaques n’ont rien d’autre à faire que les attendre, eux exclusivement.

Quelle perversion ! Ces vierges sont à l’image des femmes « objetisées » d’ici bas et n’ont d’autre fonction que satisfaire ces hommes-là. Bref, une seule pensée : ils sont les maîtres et ont donc droit de vie et de mort sur tout un chacun.

Maître au point d’enlever des hommes ou des femmes et de les revendre contre rançon ou de les tuer. Pas la moindre interrogation pour les ravisseurs, pour nous extraordinaire dilemme : laisser mourir ou payer pour qu’ils puissent préparer d’autres attentats ou d’autres enlèvements car le terrorisme est une arme politique. N’oubliez pas les propos sur la liberté, la démocratie et la laïcité. C’est une arme de guerre.

Et ce n’est pas une arme de pauvre : les assassins de Daniel Pearl et ceux qui détruisirent les tours jumelles du World Trade Center étaient des médecins et des ingénieurs et leurs commanditaires, comme Oussama Ben Laden, sont des milliardaires. Le terrorisme est une arme de guerre idéologique au point qu’on enlève ou qu’on assassine des humanitaires, des bénévoles de l’aide c’est-à-dire que la réponse à l’aumône, à la main tendue fraternelle et le plus souvent désintéressée est la mort ou le rançonnement. C’est le Mal absolu en réponse au Bien proposé. Encore un truisme qu’il faut répéter en l’argumentant pour qu’il cesse de se vider de contenu, les mots ont des sens. Les valeurs aussi.

- Alors nous sommes en guerre, une guerre qui nous est imposée. Exigeons que le terrorisme soit qualifié pour ce qu’il est : un crime contre l’humanité. Exigeons que le terroriste soit jugé pour meurtre prémédité avec circonstances aggravantes et que la justice interdise que la peine puisse être assortie d’aucune remise pour quelque raison que ce soit et pas même l’alibi de la santé pour une négociation politicienne de bas étage.

- Mettons le terrorisme et les idéologies qu’il prétend défendre au ban de nos sociétés en interdisant à nos dirigeants d’établir le moindre rapport avec ces groupes assassins car la guerre qui nous a été déclarée est totale et toute discussion est en réalité une victoire pour les terroristes et une défaite pour l’humanité.

On ne discute pas sa vie, ni sa liberté. On ne discute pas avec un scorpion."

(1) Les comédiens Eric Pierrot, Anna Macina, Christophe Correia et François Berland ont cité des paroles de terroristes et entamé la litanie des attentats perpétrés cette année et l’hommage à leurs victimes.

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