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Tribune : bruits de bottes au Liban ?

vendredi 8 octobre 2010, par MPCT

Que le Hezbollah accumule un arsenal militaire au Sud Liban, c’est un secret de Polichinelle dont s’accommode depuis des années la FINUL, pourtant censée veiller à son désarmement. (1)

Mais passerait-on à une nouvelle étape ?

La menace contre la justice

Les rumeurs vont bon train sur un putsch du Hezbollah qui pourrait renverser le gouvernement libanais et, cauchemar, prendre le pouvoir sous les auspices des régimes syrien et iranien.

A l’origine de la crise, le rejet de la justice internationale, en l’occurrence le rejet du Tribunal Spécial pour le Liban, instauré par la résolution 1757 du Conseil de Sécurité, en réponse à la demande faite par le gouvernement libanais " de juger les responsables des attentats perpétrés au Liban depuis le 1er octobre 2004, et notamment de l’attentat du 14 février 2005 à Beyrouth, qui a entraîné la mort de l’ancien Premier Ministre libanais Rafic Hariri et d’une vingtaine d’autres personnes".

L’espoir de vérité et de justice soulevé alors s’éloigne à présent à grands pas, le rapport de forces semblant de plus en plus favorable au Hezbollah et à la Syrie.

L’intimidation et le chantage fonctionnent pour empêcher que justice soit rendue aux victimes du terrorisme, au point que Saad Hariri lui-même, qui mettait en cause la responsabilité de la Syrie dans l’assassinat de son père, est revenu sur ses accusations.

Offensives en série

C’est qu’il a de quoi être inquiet.

En septembre, le Hezbollah a tout bonnement occupé l’Aéroport International de Beyrouth–Rafic Hariri, et ses voies d’accès à l’occasion de l’arrivée de Jamil Sayyed (chef de la sûreté générale libanaise, de 1998 à 2005, inféodé à la Syrie) qui était convoqué par la justice libanaise. (2)

Depuis, faisant suite à une plainte déposée par Jamil Sayyed, la "justice" (3) syrienne a émis des mandats d’arrêt contre trente-trois personnalités, accusées d’avoir contribué à "fabriquer" des faux témoins pour le Tribunal Spécial pour le Liban.

Parmi elles, l’ancien chef de la commission d’enquête du TSL, l’Allemand Detlev Mehlis, procureur général à Berlin, son adjoint lors de l’enquête, Gerhard Lehmann, le député Marwan Hamadé, le directeur actuel des Forces de Sécurité Intérieures, le général Achraf Rifi et des magistrats libanais !

Pour accroître encore l’inquiétude des démocrates libanais, il ne manquait plus que la visite d’Ahmadinejad.

C’est complet, elle est annoncée, avec en prime une excursion sur la frontière israélienne pour y lancer des pierres ! Il est vrai qu’en matière de lapidation, on a affaire à un expert.

Et maintenant ?

La dynamique putschiste est-elle en marche ?

Ou bien l’opinion et les gouvernements des pays démocratiques auront-il le courage d’aider les démocrates libanais à résister à la résistible ascension d’une organisation terroriste, fascisante, raciste, antisémite, coupable de multiples crimes de guerre et crimes contre l’humanité ?

C’est l’espoir que nous avons.

Encore faut-il que l’opinion soit informée sur ce qui se joue véritablement au Liban.

Huguette Chomski Magnis

(1) En application de la résolution 1701 du Conseil de Sécurité de l’ONU.

(2) Emprisonné, à la demande des enquêteurs du TSL, de 2005 à 2009, pour son rôle présumé dans l’assassinat de Rafic Hariri, il avait été relâché, faute de preuves.

(3) Quand on connaît le sort effroyable réservé aux prisonniers politiques syriens, on répugne à parler de justice sans assortir le mot de guillemets.

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