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Non, Monsieur Hessel, le terrorisme n’est pas une forme d’exaspération !

samedi 27 novembre 2010, par MPCT

Dans le petit livre pas rouge de Stéphane Hessel, Indignez-vous , on peut lire ::

« Est-ce que ça sert le Hamas d’envoyer des rockets sur la ville de Sdérot ? La réponse est non. Ca ne sert pas sa cause, mais on peut expliquer ce geste par l’exaspération des Gazaouis. Dans la notion d’exaspération, il faut comprendre la violence comme une regrettable conclusion de situations inacceptables pour ceux qui les subissent. Alors, on peut dire que le terrorisme est une forme d’exaspération. Et que cette exaspération est un terme négatif. Il ne faudrait pas exaspérer, il faudrait espérer. L’exaspération est un déni de l’espoir. Elle est compréhensible, je dirai presque qu’elle est naturelle, mais pour autant elle n’est pas acceptable. Parce qu’elle ne permet pas d’obtenir les résultats que peut éventuellement produire l’espérance. »

Non, Monsieur Hessel, le terrorisme n’est pas une forme d’exaspération.

Le terrorisme est une stratégie d’action criminelle au service d’une idéologie,

L’exaspération est un ressenti.

Etre exaspéré, par exemple par Monsieur Hessel, ne fait pas de soi un(e) terroriste.

Mais il est cohérent de légitimer moralement le terrorisme quand on fréquente une organisation terroriste comme le Hamas.

Est-ce y aller trop fort que de reprocher à l’icône de légitimer moralement le terrorisme ?

Après tout il dit bien que celui-ci est « inacceptable. »

Certes, mais quelle raison donne-t-il à cette non « acceptabilité » ?

Le manque de résultats. En clair, ça ne marche pas, ça ne sert pas la cause. C’est à éviter car c’est inefficace.

Occultée, la violation majeure du droit humain. Etouffée, la voix de la réprobation du crime contre l’humain au nom d’une conscience universelle.

Quel recul de la morale et du droit !

Il y a quelques années l’avocat palestinien Raji Sourani, avait fait un reproche à un appel lancé par des intellectuels palestiniens hostiles à la poursuite des attentats qui visaient alors presque quotidiennement les civils israéliens.

En substance, il regrettait que leur condamnation porte sur l’inopportunité, le caractère contre-productif, au lieu de porter sur le fonds, sur le caractère inadmissible de ces actes.

Raji Sourani avait alors parfaitement raison.

Depuis il semble qu’il ait cessé de faire entendre cette voix de la conscience morale, capable d’embrasser l’altérité et de défendre des droits humains universels. Il s’est sans doute adapté aux temps nouveaux.

A qui la faute ?

Posons la question. Et surtout indignons-nous.

Huguette Chomski Magnis

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